Thérapie Primale

Présentation

Elle s’inscrit dans le courant des thérapies humanistes et de certaines psychanalyses basées sur la théorie de l’attachement.

C’est une psychothérapie basée sur l'essentiel de la Thérapie Primale d'Arthur Janov, docteur en psychologie et psychothérapeute américain, qui  a conceptualisé à la fin des années soixante la thérapie primale, fruit de la mise en lien de sa pratique clinique et de nombreuses recherches scientifiques.

Elle comprend cependant deux différences importantes par rapport à celle de Janov :

- le transfert est utilisé comme élément dans le processus

- l’isolement n’est pas systématique et il n’a pas forcément lieu en début de thérapie

Arthur Janov a écrit une dizaine de livres dont  « The Primal Scream » publié en 1970 (Le Cri primal, Paris, Flammarion, 1975), où il en a exposé les principes.

 

Vous trouverez une présentation très détaillée sur le site de l'Association Française de Thérapie Primale

 

Bases théoriques

Extrait du "Guide pratique des psychothérapies" d'Edmond Marc,
publié en 1992 et en 2000 aux éditions RETZ

« Pour A. Janov, le point de départ de toute perturbation psychique est la souffrance ; le petit enfant est dépendant de son entourage pour la satisfaction de ses besoins physiologiques et affectifs.
Si ces besoins restent insatisfaits trop longtemps, cela engendre la souffrance, et si la souffrance est trop grande, elle va entraîner un clivage au sein de la personnalité (c'est comme un disjoncteur qui saute quand la tension est trop forte). La souffrance et le besoin qui l'a provoquée vont être maintenus à distance de la conscience. Elle continue cependant d’affecter l'individu dans son corps et son esprit, mais elle reste enfermée sous le couvercle de la névrose. Chaque fois qu'un enfant n'est pas pris dans les bras, chaque fois qu'on le fait taire ou qu'il est ridiculisé ou ignoré, on le rend plus irréel et plus névrotique. La névrose étant fondée sur le clivage, elle entraîne l'étouffement de la personnalité réelle, et l'individu est de plus en plus conduit à jouer des rôles dans lesquels il se perd. (.../...)

Le but de la thérapie primale est de connecter les besoins du corps avec les souvenirs emmagasinés dans l'inconscient, afin de redonner au sujet son unité. Seul l'accès à la souffrance refoulée peut opérer cette reconnexion. Elle va permettre au patient de revivre la scène primale ("faire un primal", en langage courant) qui a été à l'origine du clivage et de remettre en contact le besoin et la conscience, en faisant sauter le système de défense élaboré par la névrose.

Le cri primal, terme sous lequel a souvent été vulgarisée cette thérapie, n'est pas un cri pour le cri ; celui-ci n'est que l'expression de la souffrance lorsqu'une scène primale est totalement ressentie et revécue ; c'est un cri involontaire que le patient pousse quand il se retrouve nu devant la souffrance, entièrement exposé à sa vérité 
».

 

Citations d’Arthur Janov

« La thérapie primale est centrée sur le sentiment. Il ne s’agit pas seulement du sentiment présent mais aussi de ces sentiments qui nous empêchent de ressentir le présent.»  Le cri primal, 1975, Flammarion

« Un primal est un évènement douloureux, une expérience souvent déchirante où les patients retrouvent les sentiments qu’ils n’osaient pas éprouver quand ils étaient trop jeunes et trop fragiles pour résister à la souffrance. ( …) En bref ils éprouvent les souffrances qui se sont accumulées dans leur corps toute leur vie, créant la tension et ses symptômes.»   L’amour et l’enfant, 1977, Flammarion 

« L’essence de la thérapie primale est le « revécu », le fait de revenir en arrière sur un manque d’amour et des traumatismes précoces, qui sont demeurés dans le système sous forme d’empreintes. Ces dernières sont l’élément central du travail en thérapie primale car elles sont gravées dans tous nos systèmes et notre cerveau comme des souvenirs indélébiles qui dirigent notre vie. Ce sont le plus souvent des forces inconscientes établies avant même que nous ayons des mots pour les décrire. Notre thérapie est une descente systématique dans l’histoire, dans le passé du patient en commençant par les problèmes les plus récents puis en empruntant le véhicule des sentiments pour pénétrer dans l’histoire.»   La Guérison Primale , 2009, Editions Alphée